imagesUne étude de cas, très intéressante de la stratégie Big Data de WalMart réalisée par trois organisations dont deux concernées par les problématiques de discrimination (du marketing multi-culturel diront les professionnels). Il décrit les moyens de plus en plus sophistiqués en magasins et online pour accumuler des milliards de données sur ses clients…

Les nouvelles technologies du mobile font exploser le nombre de données qui peuvent être recueillies (géolocalisation, suivi du parcours dans les magasins…). Selon les auteurs, les populations Afro-Américaines et les populations défavorisées, sur-utilisateurs de smartphones sont particulièrement vulnérables à ces techniques.

WalMart possède des données exhaustives sur 145 millions d’Américains, plus de 60% de la population adulte des Etats-Unis. L’enseigne n’hésite pas à parler de « petabytes » de données consommateurs qu’elle partage avec une cinquantaine de partenaires et fournisseurs. L’un d’entre eux, qui reçoit des informations de la part de WalMart, se vante de possèder 80% des adresses e-mail américaines

L’objectif de WalMart est de croiser les informations entre la navigation Internet des clients, leurs activités sur les réseaux sociaux, leurs parcours dans les magasins via des réseaux Wi-Fi et naturellement leurs achats (sans oublier bien sûr leurs comportements médias).

Le rapport souligne que Walmart (comme d’autres distributeurs) ont des engagements concernant le respect des données privées des consommateurs, extrêmement souple, compilant toujours plus d’infos, sans en informer ses clients. Pour parer à toute attaque, l’enseigne fait appel à pas moins de 100  lobbyists travaillant sur le sujet.

En conclusion, les auteurs exhortent naturellement à une plus grande transparence, de laisser le choix au consommateur de refuser l’accès à leurs données personnelles.

A la dernière journée de l’Adetem, ses deux co-présidents, dans un livre blanc intitulé Manifeste pour le marketing de demain, considèrent que le marketing a une «utilité sociale», mieux encore «une utilité publique». Une fois de plus, les stratégies environnementales cachent la forêt de pratiques marketing irresponsables alors que le marketing devrait être intégré à part entière dans la politique de RSE et figurer dans les rapports durable des entreprises : composition des produits, stratégies publicitaires…. Quand on voit la fascination des acteurs pour les nouvelles approches d’eye tracking, de reconnaissance faciale et bien sûr de neuromarketing, on voit mal cette mission «d’utilité publique» du marketing. Mais j’oubliais, c’est pour répondre aux « attentes consommateurs » ! Comme le précise encore ce livre blanc : «Sa mission [du marketing] ne consiste-t-elle pas, in fine, à apporter du mieux-vivre, à contribuer au progrès de la société dans son ensemble ?». Une évidence.

Sources : Center for Media justice via Internetactu