Il y a des choses rigolotes dans la vie pour «protéger» le citoyen. Cent fois, j’ai essayé de ne plus recevoir d’appels pour me vendre une cuisine. En vain.

Dès 2012, la Cnil publiait pourtant un guide détaillé pour éviter les appels intempestifs pour vous vendre une véranda, un contrat électricité bidon ou autre casserole magique.

Je m’empressai de m’inscrire sur ces listes d’opposition (liste orange si mes souvenirs sont bons). Rien n’y fit. « Allo! Madame Marie? Madame Marieli? Madame BerLef? (super, la qualité des fichiers). Réclamations auprès de France Télécom. Il ne s’agit que de scories, de vieux fichiers non mis à jour que de méchants opérateurs de marketing direct continuent d’utiliser mais, bien sûr, nous respectons la règle. «Dans quelques mois, tout sera réglé. Vous ne serez plus sollicitée». Je rappelle, nous étions en 2012. Depuis, ce démarchage n’a jamais cessé.

Hier, je découvre sur le site d’emarketing.fr, une «entrée en vigueur de la liste d’opposition pour l’automne» au respect de la loi de consommation du 17 mars 2014».

Parmi les détails de cette loi «La mise à jour des fichiers devra être effectuée régulièrement, et au moins mensuellement, pour les entreprises ayant recours habituellement au démarchage téléphonique». Sinon, les agents de la répression des fraudes pourront intervenir. Des millions de fichiers, combien d’agents?

Et vous savez quoi? Il pleure le pauvre président du Syndicat national de la communication directe (SNCD), Henri Huingard, parce que cette intrusion publicitaire, vide de toute efficacité sinon celle des chiffres écrits sur la jolie plaquette imprimée sur papier glacé à destination de ses clients, va coûter cher : «nous allons assister à une inflation des coûts du contact exploitable». Sur quels critères peut-il être «exploitable», hormis celui de pigeon/pas pigeon avec un bonus pour les plus de 75 ans? Précisons, s’il en était besoin, que la plupart des sociétés de télémarketing ont décentralisé leurs centres d’appel pour une meilleure « compétitivité française ».

Un seul conseil à donner à cet homme et à sa vieille mère (j’espère qu’il l’aura prévenue que c’est du pipeau) et à ses clients : passez une journée chez vous et décrochez votre fixe : «Allo! Monsieur Henrihing!». «Nous passons chez vous mardi pour un contrôle de votre consommation électrique à 15 heures». A l’intrusion, on ajoute la peur.

L’enfer a commencé sur les appels sur les portables «grâce» à la géolocalisation. Vous passez devant une banque, une supérette, un restau ou une boutique de fringues et on vous propose le Graal : un bon de réduction.

C’est beau la loi.