20131224_110415_resizedSi Sonatel, partenaire d’Orange au Sénégal, a créé – entre autres – une fondation « jeunes artistes » (à côté d’autres initiatives avec des photos d’enfants joyeux naturellement), Orange semble avoir créé une fondation pour les peintres en bâtiment, mais qui n’ont le droit que d’utiliser des pots de peinture d’une seule couleur, l’orange.

De Dakar à Saint-Louis par exemple (300km), repeindre la moindre boutique du plus petit village sénégalais en orange. Implanter à l’entrée et à la sortie du moindre hameau, d’inutiles sucettes géantes indiquant «Bienvenue» et «Bonne route», de gros cubes stupides (à l’image des mâts McDo) sans compter l’affichage 4×3, des portiques géants à l’entrée des plus grandes villes, des parasols qui fleurissent sur les marchés locaux. Même les Caddie jacks d’un supermarché Casino à Dakar arboraient au moment de Noël des T-shirts à l’effigie d’Orange. Une stratégie de communication de proximité qui ressemble totalement à celle de Coca-Cola dans de très nombreux pays. Etouffante.

Les habitants de ces villages construisent des maisons en agglos et n’ont souvent pas les moyens de les achever. C’est donc une bénédiction pour le moindre épicier qui verra son magasin gratuitement repeint à neuf. On en compte parfois cinq ou six par petite agglomération. Accompagner ces villages très pauvres dans la gestion de leurs déchets,– inexistante , serait sans doute plus efficace et plus responsable. Petit rappel : Orange possède déjà plus de 60% du marché des télécoms au Sénégal.  Qu’importe la pollution visuelle, l’essentiel est d’améliorer la rentabilité.