Dans la restauration hors foyer comme en grande consommation, difficile de trouver de nouveaux produits ou concepts. Alors trouvons de nouvelles histoires ! Le storytelling au service de la nutrition/santé. Business oblige.

Citation Food Business NewsC’est l’objet d’un article de foodbusinessnews.net intitulé Storytelling becoming central to product development

Le lobby de la restauration américaine, the National Restaurant Association vient de réaliser un rapport  sur les nouvelles tendances culinaires dans la restauration. Et surprise, sa conclusion majeure est que finalement, l’innovation ne vient plus de la création de nouveaux concepts mais plus de trouver des moyens de mettre en avant des «histoires» qui permettraient de différencier des produits ou des concepts traditionnels.

Naturalité/santé toute, vraie ou suggérée

Le rapport souligne le top ten des tendances, selon une enquête réalisée auprès de près de 1300 professionnels, qui vont toutes sur l’axe santé/naturalité. Parmi elles :

  • Viandes, poissons et légumes «responsables» et sourcés localement (y compris bio)
  • Responsabilité environnementale
  • Menus enfants de bonne qualité nutritionnelle
  • Ingrédients naturels, les moins industrialisés possibles
  • La diminution du gaspillage alimentaire
  • Le partenariat avec les paysans locaux

Ce même rapport souligne la double opportunité de cette approche qui, au-delà de raconter une histoire autour des ingrédients, permettra en outre de maintenir des prix premium. Rappelons que McDo en France a été pionnier en la matière (visites des fermes….).

Comble du cynisme, en conclusion de la réunion de présentation de cette étude, le journaliste résume que les acteurs précisent bien qu’au-delà des bénifices nutritionnels de ces produits, voire de l’étiquetage des produits non-OGM (un débat qui secoue la profession depuis des mois), le journaliste précise, je vous laisse la citation en anglais, tant elle est savoureuse : «It is important to remember that the discussion is less about science or health and more about the story companies want to use in order to differentiate».

Voilà pour ceux qui croyaient encore à la conviction des entreprises dans la RSE et le rôle qu’ils y ont à jouer.

Mais ce n’est pas fini.

Des Cheerios de General Mills aux  graines anciennes

Toujours aux Etats-Unis, selon un blog du Wall Street Journal , General Mills va lancer en janvier prochain une version de sa marque Cheerios contenant des «graines anciennes», du quinoa, de l’avoine, et deux variétés de blé, épeautre et kamut, choisies parmi huit variétés testées.cheerios

Selon ce blog, sans aucun complexe, les porte-parole de General Mills estiment que cela n’a aucune importance que les consommateurs connaissent ces anciennes graines et peu importe que ce produit ne soit pas de meilleure qualité nutritionnelle. Dans l’imaginaire du consommateur, ces ingrédients sont associés à la santé, à la simplicité et à la nutrition, selon le patron marketing de l’innovation de la division céréales, évoquant des produits millénaires, plus signifiants que l’ajout d’un simple ingrédient, comme le quinoa, très en vogue dans l’univers de la naturalité. Pour info, selon Nielsen, les mots «graines anciennes» ont très fortement progressé l’année dernière dans les offres produits.

Un autre des patrons du groupe enfonce le clou : «améliorer la qualité nutritionnelle du produit n’était pas objectif de ce lancement».

On attend avec impatience les semences bio de Monsanto.