12102007_chickenJe ne vais pas vous raconter comment nos poules, il y a quarante ans, étaient nourries dans la ferme dans laquelle j’ai grandi. Elles picoraient des graines produites dans la ferme, qu’on leur jetait dans les grands espaces qui leur étaient dévolus, se nourrissant au passage de quelques vers de terre. 

 et de la m… de leurs congénères.

Un article paru dans La Montagne.fr vante un projet consistant à nourrir les poules avec de l’huile de poisson, améliorant le taux d’oméga 3 contenu dans leurs œufs. J’ai découvert ainsi que ces «omnivores», c’est bien  précisé pour éviter toute polémique – adoraient le poisson.  Surtout en Auvergne. Elles le pêchaient sans doute déjà au paléolithique avec leur bec.

Je ne rentrerai pas dans le débat «scientifique» de la consommation du cholestérol dit alimentaire contenu dans le jaune de l’œuf, au gré des avis «d’experts» financés de tous bords. Seule certitude – semble-t-il – les poules élevées à l’extérieur, bio ou non, pondent des œufs qui  ont un rapport oméga 3/oméga 6 bien mieux équilibré que celles élevées en batterie avec une alimentation industrielle trop riche en oméga 6.

Revenons au projet de cette équipe qui souhaite nourrir les poules à l’huile de poisson (à ne pas confondre avec farines animales) pour améliorer «naturellement», bien sûr, la teneur des œufs en oméga 3 et limiter  ainsi «la fonte musculaire liée à l’âge». L’auteur de l’article précise, sans sourciller, qu’il s’agit d’un «complément alimentaire» qui pourrait être développé «à l’échelle industrielle».

Le responsable du projet estime que «Nous avons la chance d’être la quatrième région productrice de poules pondeuses en France […] nous disposons d’un tissu dense d’élevages avicoles». Je connais peu l’Auvergne, j’ignore si ces milliers de gallinacées s’ébattent dans les champs mais, à mon avis, plutôt dans des bâtiments très longs et très bas qui jalonnent les routes et qui ressemblent furieusement aux élevages de porcs que tout à chacun voit gambader joyeusement dans nos vertes campagnes.

Ce projet pourrait même «induire la création d’emplois», des milliers sans doute. Un miracle donc pour l’économie et la longévité de nos concitoyens.

Je pensais que la grosse ficelle des omégas 3 avait été épuisée depuis toutes ces années, jouant habilement sur la confusion en cholestérol entre systèmes cardio-vasculaire, sachant qu’une simple cuillerée d’huile de colza ou une simple sardine suffit à nos besoins quotidiens. Mais on n’en a pas fini.

Pour info, les margarines enrichies en oméga 3 le sont souvent grâce à l’ajout de cette huile de poisson. A ce propos, on peut s’étonner que la marque Primevère, promettant de faire baisser le taux de cholestérol (ce qui n’est absolument pas avéré selon de très nombreuses études) diffuse des publicités après l’émission Allo Docteurs sur le service public (TV5).

Dans le même ordre d’idées, on peut s’étonner que pendant l’émission Allo Docteurs sur TV5, service public si je ne m’abuse, on puisse laisser passer des pubs pour Primevère, vantant ses qualités anti-cholestérol alors qu’il n’en est rien. Les omégas 3 peuvent au mieux améliorer la santé cardio-vasculaire. En aucun cas soigner les excès de cholestérol. Ce que nous avions déjà souligné dans l’étude Nutrition/santé  que nous avions publiée en 2003.

Et si l’on en revenait à la raison ?