ABPMea culpa. La vieille routarde que je suis s’est faite avoir : voulant alerter sur la progression inquiétante des adblockers, je n’avais pas lu qui avait financé l’étude… et leurs conclusions.

Grosso modo, on considère que 30% des sondages réalisés par les instituts reconnus, sont utilisés comme des outils de communication par ceux qui les financent. Les méthodologies restent rigoureuses sauf… que l’on oublie souvent de poser les questions qui fâchent. Quand une société de conseil veut vendre son nouveau produit, elle réalise ses propres études. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. C’est le cas récent d’une étude Mindshare (c’est bête, leur blog est inaccessible aujourd’hui) qui mettait en avant la proportion croissante des adblockers.

Je m’étais un peu emballée à la lecture de l’extrait de communiqué de presse de Mindshare publié sur le site Offremedia.  Mais il en manquait une petit bout. Dans la lettre e-marketing publiée ce matin, on trouve la clef. L’agence suggère deux solutions : la «finesse du ciblage», «une véritable opportunité». Vive le Big Data. Et top du top, «Ils acceptent par ailleurs mieux les formats intégrés, comme les « native ads » (77% des « bloqueurs ») qui ne perturbent pas leur navigation, ou les publicités vidéo lorsqu’elles sont intégrées dans les articles (« inread »)».

Ben voyons. En clair, les rebelles qui détestent les pubs adorent celles qu’ils ne voient pas directement, c’est-à-dire quand ils se font le plus avoir (pour rester polie). Ils vont être ravis de l’apprendre. Enfin pas eux, les annonceurs qui voudront bien y croire.

Si Mindshare veut nous transmettre le questionnaire, cela sera avec plaisir. Votre droit de réponse sera le bienvenu.

Etude vs étude, voici les conclusion d’un récent rapport complet publié par Reuters à propos – entre autres – du sentiment des lecteurs de « se faire avoir ».