orquepingouinDeux anecdotes bien dérisoires face au tsunami Volkswagen et de ce « léger » écart de Coca-Cola. La responsabilité sociale des entreprises capitale pour la planète. Attendons-nous au pire pour le COP21. Etats vs multinationales.

J’ouvre le livre. Troisième ligne de l’introduction: « des scientifiques désireux de contribuer à un débat autour duquel les opinions publiques, relayées et sans doute façonnées par les médias ». Victimisation. OK

Paragraphe suivant : « Comment la même culture (huile de palme, Ndlr) peut-elle être considérée comme un plante miracle à la fois par les industriels de l’agroalimentaire au Nord et les planteurs tropicaux comme une véritable menace pour les organisations non gouvernementales, environnementalistes et indigénistes? ». Cela devient alléchant.

Page 2 de cette même introduction, «on peut s’interroger sur ce rôle de gendarme du monde que certains gouvernements du monde et d’ONG du Nord s’octroient. Mais force est de constater que leurs actions spectaculaires et forcément caricaturales ont joué un rôle indéniable de catalyseur dans l’évolution des mentalités vers la durabilité». Ah oui?

Page 3 et 4, le rappel du procès perdu par Système U et l’abandon de la taxe Nutella. Bouquet final des chercheurs qui ont rédigé le livre: (Des évènements) qui «nous questionnent en tant que chercheurs appointés pas des institutions publiques engagées dans la coopération au Sud».

Le livre est  intitulé «La palme des controverses», publié aux Editions Quae. Il m’a été offert par une jeune femme charmante, convaincue, chargée de mission RSE et communication de la Socfin, « l’un des plus grands planteurs indépendants dans le monde ». 179 000 hectares en Afrique et en Asie de palmiers à huile et d’hévéas, d’après le site de Bolloré dont il n’est qu’actionnaire « minoritaire » (38,7%). De petits producteurs en somme.

Je l’ai soigneusement refermé.

Le lobby des pesticides: « mangez des salades »!

Il y a quelques jours, en réponse à une étude publiée sur les taux élevés de pesticides contenus dans les salades par Générations-futures ; un communiqué de presse de l’UIPP -le lobby des phytosanitaires de la protection des plantes- titré «Arrêtons les salades… on ne s’empoisonne pas en mangeant des fruits et de légumes ». «C’est un discours erroné et anxiogène qui va à l’encontre des rapports de l’OMS qui recommandent une consommation importante de fruits et légumes». Tellement soucieux de notre santé. Jolie récup. «S’il est légitime que les ONG jouent leur rôle sociétal de lanceurs d’alerte, il reste nécessaire d’accueillir leurs publications avec un minimum d’objectivité et de rigueur scientifique». On attend avec impatience qu’il prouve le contraire avec la meilleure « rigueur scientifique ».

Il est encore des gens et leurs agences de RP qui croient en ces modes de communication top-down, ignorant Internet, pensant encore que les citoyens pourraient leur faire confiance. Bien sûr, il leur reste le lobbying et les milliers d’amendements dictés aux élus de tous poils au fil des mois, dans les Etats et surtout à Bruxelles. Et cela fonctionne: alcool, tabac, labos… Des voix et des emplois, l’argument qui fait trembler nos gouvernants.

La santé, on verra plus tard. La Sécu -le citoyen- s’en chargera.