cuisine moléculaireDans deux articles, l’un sur le blog Silicon Valley du Monde, l’autre dans la lettre de l’Atelier, leurs auteurs décrivent des perspectives alimentaires qui ne sont pas sans rappeler les visions de l’alimentaire de l’an 2000 qu’avaient les futurologues en 1950. Il ne s’agit plus de la conception de pilules mais d’applications de la technologie 3D.

J’avais repéré cette info début 2013 dans l’une de mes minutes marketing. La société Hampton Creek Foods  a mis au point des substituts d’œufs (destinés à l’industrie), une poudre végétale à base de pois et de sorgho, conçu en collaboration avec des chercheurs et des spécialistes de cuisine moléculaire. Ces œufs, affirme la société ont des apports nutritionnels équivalents, ne contiennent pas de cholestérol alimentaire et sont moins chers et « plus humains », faisant allusion au bien-être animal. Les grands lobbies agro-alimentaires traditionnels n’ont pas tardé à réagir,  comme Egg Nutrition Center, lançant des campagnes publicitaires pour valoriser les «véritables œufs».

D’autres sociétés font leur apparition comme Beyond Meat, Modern Meadow, New Frontier Foods, ou encore Soylent. Ils produisent à la fois des substituts de viande à base de plantes ou des produits utilisant des impressions 3D ou encore des boissons hyper-nutritionnelles (là on revient au concept de la pilule de nos futurologues)

Selon la Lettre de l’Atelier, « la NASA par exemple travaille sur un projet d’imprimante 3D alimentaire embarquée dans l’espace ». Le chocolat et le sucre seraient les « matières premières les plus travaillées, notamment ChocEdge et Sugar Lab  La viande pourrait être la prochaine. C’est le cas de la société Modern Meadow. Une technique un peu glauque : « la création de cellules souche animales, mises en culture, pour finir dans une cartouche d’impression, une fois imprimées elles s’agrègeront pour former un tissu biologique similaire à de la matière carnée naturelle ».

En tête des investisseurs, les géants du numérique

Toutes ces start-up  sont soutenues par de très gros investisseurs. Bill Gates par exemple, philanthrope mais associé à Monsanto en Afrique . Deux des fondateurs de Twitter, d’ancien patrons ou actuels patrons de Facebook, de Yahoo ou encore Google font également partie de ces investisseurs actifs. On craint le pire. Le patron d’Hampton Creek Foods se veut rassurant : «Ils croient en l’innovation et ils n’ont pas d’idées préconçues». La guerre ne fait que commencer.

Leurs arguments : l’environnement,  le bien-être animal… et la rentabilité bien sûr

Le président d’Hampton Creek Foods affirme que « »Le monde de l’alimentation ne fonctionne plus. Il n’est pas durable, il est malsain et dangereux ». Et de mettre en exergue l’inefficacité de cette agriculture productiviste mais très coûteuse.

Même son de cloche chez Bill Gates. Le blog silicon Valley cite l’une de ses phrases : « Produire de la viande requiert d’importantes ressources en terres et en eau. Cela a un impact environnemental considérable. Pour faire simple: il n’est pas possible de produire assez de viande pour neuf milliards d’êtres humains ». Pour lui, il s’agit donc «de lutter contre la faim dans le monde ». Tous s’accordent pour considérer que l’agriculture intensive a totalement dégradé l’environnement et les paysages ruraux et qu’il est temps d’y mettre fin. Et que vive la nature !