Pelures de fruitAlors que, comme pour  l’obésité, certains accusent volontiers le  mauvais consommateur d’être responsable de tous les maux, certains Etats américains veulent s’attaquer aux problèmes de déchets alimentaires en amont…

L’Etat du Massachussets vient de prendre une mesure très importante : imposer aux plus gros gaspilleurs de retraiter leurs déchets alimentaires, écoles, hôpitaux, industries agro-alimentaires et supermarchés en particulier.

A partir du premier octobre prochain, ce type d’institutions qui produisent plus d’une tonne de déchets par semaine n’auront plus le droit de jeter leurs déchets alimentaires. Elles auront plusieurs options. La première est le don à des associations. Pour info, en France, ces actions ne sont que volontaires mais efficaces, grâce notamment à des déductions fiscales. Le Secours Populaire estime ainsi que la moitié des repas distribués par l’association provient déjà des collectes et des dons des grandes surfaces. Même si certaines continuent à verser de l’eau de Javel sur leurs déchets. Une nouvelle proposition d’un député UMP pourrait être plus coercitive.

L’énergie : une nouvelle opportunité de business

Mais la piste la plus intéressante semble être la production d’énergie à partir de ces déchets qui, en outre, apparaît comme un nouveau marché très porteur. En Grande-Bretagne, Sainsbury’s a ouvert le premier supermarché qui n’utilise comme seule énergie le traitement de ses déchets alimentaires (source : springwise)

Son nom, anaerobic digester, des usines qui fonctionnent, selon ses concepteurs, comme la panse des bovins et qui permet de produire du biogaz. Exemple, la société AGreen Energy a installé dans deux fermes du Massachusetts. L’une d’entre elles produit du beurre et envoie à l’usine les produits dérivés, comme le babeurre, auquel on pourra ajouter des déchets organiques qui seront ensuite mélangés avec du fumier pour produire du biogaz (je n’ai pas tout compris, mais lisez l’article).

De bonnes solutions, bien évidemment mais, aussi curieux que cela puisse paraître, cette initiative semble finalement ne pas avoir grand-chose à voir avec l’écologie, mais plutôt avec le business. Ces immensités de terres ne sont plus considérées comme rentables, tant en termes d’environnement que d’investissements financiers. Il s’agit de créer un nouvel «écosystème» (on n’a pas fini d’entendre ce terme). Les agro-carburants deviennent une nouvelle source de revenus, comme on le constate déjà en Afrique, avec des terres «accaparées» pour ne produire que cela (même de la part des coopératives françaises), au détriment de l’alimentation des populations locales.

La terre ne servira plus à l’alimentation des populations mais à faire voler des avions.