Encore un remarquable article de The Guardian qui, au sein de son édition Sustainable Business vient de créer un food blog  Cet article souligne les dix faits qui interfèrent dans l’alimentation mondiale et contribue aux énormes inégalités dans les populations… 

Première idée reçue, contrairement aux messages diffusés régulièrement, notamment issus des pro-OGM, il y a suffisamment de ressources pour nourrir la planète, selon un rapport des Nations-Unies. Malgré cela, 840 miTire-bouchonllions de personnes sont en sous-nutrition quand 1,5 milliard d’individus, essentiellement dans les pays occidentaux, sont obèses ou en surpoids.

La spéculation sur les prix des matières premières agricoles. C’est le nouvel Eldorado des traders. Des phénomènes de yo-yo, totalement indépendants des productions agricoles.

Et ce ne sont pas ces sa… des traders qui en profitent. Les agriculteurs eux-mêmes spéculent… et en Europe, continuent à toucher des subventions. Double bingo.

Un tiers de la nourriture est gaspillée. Dans les pays occidentaux, ce gaspillage provient essentiellement du circuit distribution/consommateurs. Dans les pays en voie de développement, il provient essentiellement du circuit producteurs/industriels, notamment à cause des mauvaises capacités de stockage des agriculteurs.

Des cultures destinées à la production d’agro-carburants. Aux Etats-Unis, 40% des cultures de maïs sont destinées à cette production. En Afrique et en Amérique du Sud, le développement alarmant des accaparements de terres est, le plus souvent destiné à cette dernière.

L’accaparement des terres. Depuis 2008, 56 millions d’hectares (soit la surface de la France) ont été achetés en Amérique du Sud et en Afrique par de grandes multinationales (y compris des coopératives françaises et ce breton patriote Bolloré).
Une nouvelle forme de colonialisme économique dangereux pour les paysans de ces pays, expulsés de leurs terres et contraints d’y travailler comme simples ouvriers. Sans compter le pillage de l’eau utilisée pour irriguer des cultures, souvent destinées aux agro-carburants ou à la production seulement destinée à l’exportation. Des politiques encouragées par les gouvernements de ces mêmes pays au nom du développement économique (et pour d’autres revenus moins glorieux sans doute) en proposant à ces multinationales des avantages fiscaux exorbitants.

Oligopoles multiples. Un très petit nombre de multinationales contrôlent cet univers : quatre compagnies contrôlent 58% des semences mondiales ; et quatre autres (parfois les mêmes) fournissent 60% des produits phytosanitaires utilisés par les agriculteurs.

Des politiques nationales qui encouragent le développement des produits les plus néfastes pour la santé des individus. C’est le cas de la junk food, des produits laitiers ou de la viande. Depuis le début des années 70, les Etats-Unis et l’Europe (avec la PAC) ont suivi les mêmes stratégies visant à développer les exportations de produits agricoles et le productivisme des fermes, au mépris de la qualité nutritionnelle des produits.
En outre, la diffusion de certains produits dans des pays aux cultures alimentaires différentes – plus saines – a provoqué un phénomène de «transition alimentaire», catastrophique pour les populations. On peut citer une augmentation exponentielle de l’obésité dans un pays comme la Chine ou l’Inde.

Des conséquences environnementales irréversibles. Selon cet article, l’agriculture est responsable de 75% de la déforestation mondiale. Les réserves halieutiques (les poissons) sont pillées ; des navires industriels qui appauvrissent les pêcheurs locaux, car ils ne respectent aucune zone de pêche locale, comme en Grèce ou au Sénégal, pour ne citer qu’eux.

Le changement climatique. Les premières victimes en seront naturellement les pays les plus pauvres qui verront les rendements de leurs cultures baisser de manière continue.

On fera là-bas, pousser des arbres en plastique. Un continent qui sera usé jusqu’à la moelle.

L’augmentation de la demande. En générant cette même demande, l’agriculture devrait être contrainte, à horizon 2050, de produire 50% de nourriture en plus dont les prix de production ne pourront qu’augmenter du fait de la hausse des prix de l’énergie et du changement climatique. Cela ne sera naturellement pas philanthropique.

Devinez qui seront les pauvres dindons ?