En août 2013, The Guardian a publié consacré aux «click farms». Le principe est simple : de nombreuses entreprises souhaitent booster leur nombre de likes sur Facebook ou de followers sur Twitter.

Au Bangladesh, le patron d’une entreprise est surnommé «le roi de Facebook». Son métier ? La création de comptes qui serviront ensuite à créer des milliers de faux « likes ». Les salariés de cette click farm, enfermés dans salles exigues, travaillent nuit et jour. Ils sont rémunérés un dollar par 1000 likes ou 1000 followers.

Dans certains cas, il s’agit d’actions frauduleuses, pour se substituer par exemple à un site de jeux connu, le nombre important de likes permettant de lui donner une légitimité. C’est ce qui est arrivé à la marque Monopoly d’Hasbro, la page Facebook fut retirée à la demande de la société. Mais, dans d’autres cas, ce sont des sociétés elles-mêmes qui font appel aux click farms. Elles souhaitent booster leurs profils sur Facebook, Twitter et autres LinkedIn. C’est ainsi que la société Shareyt.com  revendique le fait de pouvoir les aider, considérant qu’il s’agit d’une «crowdsourcing platform to help you improve soical media presence and search engine ranking». Cette plate-forme compterait 83 000 utilisateurs dans le monde qui auraient généré 1,4 million de likes. Dans les faits et selon le patron de Shareyt lui-même, 30 à 40% de ces clicks viennent du Bengladesh, ce qui suppose que 25 000 personnes de ce pays travaillent pour le compte de cette société pour cliquer à longueur de journée. Selon les données de Facebook, Dhaka, la capitale du Bengladesh, serait la troisième source d’émissions de Likes.

Voulant attirer des annonceurs en démontrant l’efficacité de leurs réseaux respectifs, Facebook et Twitter s’opposent officiellement à ce type de pratiques en bloquant les liens provenant de cette société. Facebook annonce rechercher ces «like-vendors» et les bloquer systématiquement.

Paul Barford, de l’Université du Wisconsin, qui vient de créer Mdotlabs vient de réaliser une étude qui constate que la fraude des fausses audiences est bien plus importante que ce que l’on peut imaginer et que cela coûte bonbon aux annonceurs. Son métier : mesurer l’audience des sites et repérer certaines curieuses anomalies de trafic. Selon les sources, les chiffres varient beaucoup, jusqu’à 50% du trafic web. Selon Comscore, 36% du trafic est «non human».

Selon warc.com d’après  Ad Week, des annonceurs subissent ces mêmes fraudes, pour un montant évalué à six milliards de dollars par an aux Etats-Unis. Les «victimes» ? Les annonceurs qui paient leurs espaces en fonction du nombre de clics. Selon le spécialiste de cyber-sécurité White Ops ont ainsi découverts des sites sur lesquels entre 20% et 90% des clicks étaient frauduleux, des «bots» augmentent les chiffres automatiquement.

Dans un prochain billet j’aborderai le sujet de ces groupes créés sur Facebook par des consommateurs, qui peuvent compter des dizaines de milliers de membres et qui s’organisent pour participer à les concours organisés par les marques