douillesdeballesSelon wired.com  l’e-gaspillage est «ridicule» et les fabricants de gadgets ne font qu’empirer les choses, avec notamment des problèmes de recyclage très importants. A défaut d’éco-conception.

L’obsolescence, cette fois très programmée, des acteurs de la téléphonie, en attendant celle des objets connectés risque d’être catastrophique en termes écologiques et les consommateurs n’en ont aucune conscience.

Selon la société d’études MarketsandMarkets, 42 millions de tonnes de déchets électroniques ont été générés en 2011. Ce chiffre pourrait atteindre 94 millions en 2016, laissés à l’abandon. L’article souligne les initiatives de certains opérateurs comme Apple mais qui sont en quelque sorte collatérales comme la gestion écologique de leurs magasins, la création de produits qui consomment moins d’énergie… mais à partir du moment où ces firmes n’ont de cesse de lancer de nouveaux produits, rendant les anciens obsolètes, le gâchis est pire. Greenwashing.

De la même manière, comme dans l’automobile, il était auparavant facile de changer une seule pièce d’un disque dur, d’augmenter simplement la puissance d’un ordinateur. Maintenant, il faut changer des blocs entiers, les anciens partant à la décharge.

L’apparition des gadgets mobiles va démultiplier ce phénomène, ces produits étant pratiquement impossibles à recycler. Ils contiennent des produits chimiques qui ne peuvent se dégrader naturellement (sans compter leurs conditions d’extraction en termes de conditions de travail et de dégradation des sols, de consommation d’eau, ndlr).

 Des procédures de recyclage pratiquement inexistantes

Pire encore : les nouvelles méthodes de fabrication des produits rendent leur recyclage très compliqué. De nombreuses entreprises, attirées par cette nouvelle opportunité de recyclage des objets électroniques se sont créées. S’agissant des téléphones simples, il était souvent possible de les réparer puis de les revendre. Avec tous les doutes sur les conditions salariales et de dangerosité de ce type de recyclage dans ces «poubelles électroniques» que deviennent certains pays pauvres, dénoncées par de nombreuses ONG (une simple recherche sur Google est édifiante). Les appareils «gadget» se sophistiquent, se miniaturisent, sont de plus en plus légers et il devient de plus en plus compliqué de séparer les éléments qui les composent. De fait, cela devient moins rentable pour ces sociétés spécialisées qui ne recycleront que ce qui les intéresse. Pour le reste…

Le journaliste cite l’exemple d’une colle et d’un adhésif spéciaux utilisés pour fixer les batteries de certains appareils, particulièrement sur les tablettes. Ces produits doivent être totalement enlevés pour rendre la batterie réutilisable et non dangereuse pour une utilisation ultérieure. Sans compter la présence d’autres éléments comme des vis, des «hazardous materials» comme du mercure (depuis longtemps), des vitres (sur les tablettes notamment) et du plastique naturellement.

Eco-conception : si seulement on remontait en amont ?

L’éco-conception, cela fait très joli dans les white papers, mais tout le monde s’en fout, quel que soit le secteur d’activité. Je pense à l’alimentaire notamment, où c’est le consommateur qui doit se dépatouiller pour séparer lui-même tous les éléments des packagings avec, parfois, un message indiqué que j’adore, du style «Vérifiez auprès de votre mairie». En clair : débrouillez-vous, pour rester poli. La campagne contre le gaspillage alimentaire m’exaspère. Il est tellement facile de faire porter la responsabilité au consommateur pour répondre à «leurs attentes».

Apple a longtemps été dénoncé puis a juré de ses grands dieux que la firme avait fait beaucoup d’efforts. Selon cet article de Wired.com, leurs produits font partie de ceux les plus difficiles à recycler et la firme n’a pas voulu répondre aux questions du journaliste. Ce sont les éléments qui font le charme de leurs produits qui sont les plus difficiles à retraiter : leurs couleurs, leur minceur… dont les composants sont impossibles à démonter et à séparer.

Ces gadgets vont inonder le marché, les objets connectés en particulier, totalement miniaturisés. Parle-t-on d’éco-conception? Jamais, qu’il s’agisse des matériaux d’origine ou – au mieux -de leur recyclage éventuel. Les seuls avantages marketing avancés sont ceux de la rapidité des fonctionnalités ou des économies d’énergie réalisées. Du pipeau.

Certes, certaines entreprises (Panasonic, Dell…) font des efforts en termes environnementaux, mais ce n’est pas vendeur et restent toujours en amont plutôt qu’en aval. Toujours selon Wired.com, la standardisation par les industriels des pièces qui composent les appareils (vis…), la conception de produits facilement démontables, donc pouvant être retraités pourraient permettre aux entreprises spécialisées – par seul intérêt financier certes mais peu importe – de recycler plus de produits.

Mais seule compte la différenciation marketing. A n’importe quel prix écologique. Pour le bonheur et le bien-être de l’humanité.