innovationRéflexions intéressantes d’un expert sur l’innovation : elle ne deviendrait qu’une parodie d’elle-même. Elle pourrait même nuire aux bénéfices des industriels. C’est dire 

 Un article de Forbes  rédigé par le consultant Jonathan Salem Baskin.  L’innovation est un maître-mot, des milliers d’articles lui sont consacrés (j’en commets un de plus!) : les entreprises se dotent de multiples laboratoires, créent des programmes, font appel à leurs salariés, leurs clients et à des cabinets conseil naturellement.

Mais les entreprises ne sont pas les seules à courir dans cette quête d’innovation. Selon lui, pas une ville, une région ou un Etat qui n’ait créé de programme d’innovation. On constate naturellement la même chose en France. Rappelons aussi les milliards d’euros versés aux entreprises par le gouvernement dans le cadre du CICE.

Pas une semaine sans qu’une conférence ne soit organisée sur ce thème avec un mot-clef, titre de tellement de conférences et de livre : l’innovation de rupture. «Une parade sans fin», écrit-il.

Mais voilà, il y a un hic, et de taille : à l’exception de certains domaines, le consommateur n’en a pas grand-chose à faire de l’innovation. Pire, il trouve que tout va un peu trop vite selon une récente étude d’Edelman sur un échantillon d’Américains, qu’il ne s’agit que d’opportunisme des industriels et qu’en aucun cas d’améliorer leurs vies quotidiennes.

Il parle de «déconnection» entre les fabricants, les entreprises de services et des consommateurs qui, à terme, pourrait les éloigner. En clair, il s’agit d’un risque financier pour les entreprises, sur leur chiffre d’affaires, leur capacité à recruter…

«Theatrical nonsense»

Il avance quelques propositions comme autant de vœux pieux. L’innovation ne doit pas être seulement considérée comme la seule réponse à la peur d’être doublé par un concurrent ou parce que c’est à la mode. Infuser l’esprit d’innovation au sein de l’organisation est plus important que de «payer» pour elle.

Deuxième recommandation : ne pas seulement mettre un tampon «nouveau», en faisant semblant d’y croire.  C’est au consommateur de décider si c’est nouveau et si cela lui apporte un vrai service.

Dernier conseil, être convaincu pour pouvoir convaincre le consommateur au lieu de tout ce «théâtre» qu’on lui sert. A ce propos, parlons en France de ces farces que sont les Produits de l’année, voire des Saveurs de l’année, sans parler des autres (familles, mamans…)

J’ajouterai que les acteurs eux-mêmes finissent par croire en leurs propres mensonges, incapables par exemple de lire la moindre critique de leur produit dans la presse ou sur le Net. Le consultant parle aussi de cette «chambre d’écho» et de l’utilisation à outrance du mot «innovation» (mot dont, pour l’anecdote, j’avais interdit l’utilisation dans la rédaction du Marketing Book pendant ses 15 ans de vie).

Sa conclusion pour 2015 : que la plus belle innovation soit d’arrêter de parler d’innovation ! Je vous recommande la lecture de la note de Tom Fishburne qui accompagne son cartoon : le mot innovation est en train de perdre tout son sens.

Avec l’arrivée en masse des objets connectés avec ses milliards d’applications, craignons le pire sur la signification du mot innovation.