GMAFMI-500x158Le système de GDA (Guideline Daily Amounts ou repères nutritionnels journaliers -RNJ) s’inspire de l’approche américaine des nutrition facts, vieux d’une quarantaine d’années, quand l’alimentation était plutôt faite maison et les produits bruts. En 1990, la FDA (Food and Drug Administration) décide d’élargir ce type d’étiquetage aux produits alimentaires industriels.

Il y a quelques années, sous la pression de Michelle Obama dans le cadre de son programme de lutte contre l’obésité, la FDA propose de profondes modifications de cet étiquetage. Recommandations qui ont abouti il y a quelques semaines.   La FDA s’appuie ainsi sur plusieurs rapports récemment publiés par des chercheurs et qui peuvent apparaître comme des évidences, combattues depuis des années par les industriels et les distributeurs : des informations simples à comprendre et des échelles permettant de repérer rapidement la qualité nutritionnelle des aliments. Les industriels auront deux ans pour s’y conformer. Ce nouveau programme pourrait générer 30 milliards de dollars d’économie de santé dans les 20 prochaines années… et coûter deux milliards de dollars à l’industrie.

Les deux grands lobbies de l’agro-alimentaire (GMA) et de la distribution (FMI), n’ont pas tardé à réagir, leur objectif étant d’éviter à tout prix un étiquetage de traffic lights qui permettent en un coup d’œil de repérer les produits les plus chargés en sel, sucres ou matières grasses saturées.

Ils proposent donc un nouveau modèle, baptisé Facts up Front dans une démarche «volontaire»; en d’autres termes de l’auto-régulation dont on connaît le manque d’efficacité. Selon le site Food Politics,, la campagne marketing lancée coûtera 50 millions de dollars. Pour faire bonne figure, Alors que la FDA recommande ces changements sur le dos des packagings, l’initiative de GMA/FMI préconise un affichage sur la face avant, mélangeant à la fois les recommandations et certains plus nutritionnels, comme les quantités de vitamines ou de fibres. Comme le précise encore Marion Nestle (Food Politics), en l’état ces informations sont faites pour «vendre, pas pour acheter». Malgré cela, un certain nombre d’industriels s’inquiètent, considérant que ce programme pourrait mettre un peu trop en exergue certains «défauts» nutritionnels.

Inutile de préciser que cette campagne s’appuie sur les preuves «scientifiques» d’organismes tels que l’IFIC, totalement financé par les entreprises agro-alimentaires.

Un milliard d’euros pour contrer les traffic lights en Europe

 Rappelons qu’en Europe, comme l’annonçait Corporate Europe Observatory, le lobby agro-alimentaire européen (CIAA, désormais baptisé FoodDrinkEurope a investi plus d’un milliard d’euros pour parvenir à bloquer le système d’information des «traffic lights», le système d’affichage le plus compréhensible par le consommateur – notamment les plus pauvres, moins informés et donc plus influençables – indiquant simplement les taux de sucres, de sel ou de gras trop élevés pour mettre en avant le système de GDA, totalement incompréhensible. Le lobby avait ainsi financé plusieurs études totalement biaisées (dont auprès de l’EUFIC, financé lui aussi par les industriels.

En juin 2010, le lobby eut gain de cause, avec des budgets d’investissements comparables, selon Corporate Europe Observatory à ceux consacrés à la lutte contre le programme Reach (pour les cosmétiques notamment) ou encore des initiatives pour diminuer les taux d’émission de CO² des automobiles. La guerre continue.