Université McGill Montréal

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On le sait bien, l’étiquetage nutritionnel n’a qu’une ambition : éclairer le consommateur… sauf qu’il n’y comprend rien. Une nouvelle étude menée aux Etats-Unis démontre, s’il en était encore besoin, que le plus simple est sans doute le plus efficace.

Fastcodesign   rapporte que deux experts américains de l’université McGill de Montréal ont comparé plusieurs types d’étiquetage nutritionnel dont les résultats ont été publiés dans les Annals of the New York Academy of Sciences. Leur conclusion est simple, le meilleur étiquetage est l’affichage d’un simple numéro synthétisant les valeurs nutritionnelles d’un produit. Elle consiste en la définition d’un index (ONQI, de 1 à 100) qui caractérise le produit à partir de 30 composants (protéines, sodium, cholestérol…) développée depuis plusieurs années par la société NuVal et déjà utilisée par plusieurs enseignes de distribution, les étiquettes signalant les scores.

Ils ont comparé 4 techniques, le traditionnel «nutrition facts», le système de feux tricolores si longtemps revendiqué, le système NuVal un dernier figurant un cœur, baptisé Heart label.

192 consommateurs ont été interviewés online aux Etats-Unis et au Canada. Les participants voyaient à l’écran quatre produits (céréales ou yaourt) chacun étant porteur de ces labels. Leurs conclusions furent que le NuVal était le plus efficace, les participants firent les choix les plus sains et répondirent plus rapidement, n’oublions pas le temps passé devant un linéaire. Les feux tricolores leur prenaient beaucoup plus de temps et leurs choix n’étaient pas forcément les plus sains. Le Heart Label était lui aussi rapide à lire mais leurs choix étaient beaucoup moins bons. Les « nutrition facts » leur prenaient beaucoup plus de temps et aboutissaient aux plus mauvais choix nutritionnels.

Derniers points, à l’exception du NuVal, les autres techniques provoquaient des « conflits décisionnels » à cause du trop grand nombre d’informations ou, comme pour le Heart, l’absence d’informations. Ils ont enfin constaté une certaine «inertie» du consommateur qui à telle ou telle marque, moins performante, mais qu’il devait avoir l’habitude d’acheter.

A l’évidence certains industriels apprécient peu ce système, mettant en doute la méthodologie. Il y a quelques années, l’enseigne Hannaford a lancé un programme un peu similaire baptisé guiding stars (0, une, deux ou trois étoiles). Plusieurs études dont une en 2013 ont démontré des changements réels dans les comportements des clients qui vont vers des produits plus sains. Autre effet : l’amélioration constante des produits pour obtenir ces fameuses étoiles. Sur le site de NuVal, on constate aussi que les marques font des efforts pour améliorer leurs scores.