share economyJ’abordai récemment ce thème, s’agissant du crowfunding. Des progrès considérables sont faits pour de petites structures mais des géants viennent tout dévorer, au nom de l’économie collaborative. Et ce n’est pas fini.

La lettre e-marketing.fr, rappelait cette semaine que la sharing economy, ne faisait que s’étendre, contribuant à la «paupérisation de professions entières» s’attaquait maintenant aux métiers du marketing, citant des sociétés comme Cloudpeeps, Doz, Creads, Wiligo ou eYeka qui «proposent aux entreprises et aux marques des solutions marketing, à bas-coût, réactives, et agiles» auxquelles ont recours désormais, non plus les PME mais de très grandes sociétés comme Michelin, Nestlé, PepsiCo… qu’il s’agisse de la création de logos, de création de produits ou de campagnes de communication, en faisant travailler des milliers de free-lance à travers le monde dont seuls les heureux élus seront rémunérés, souvent pour une somme dérisoire. Sans parler des géants du web qui vont, grâce au Big data, faire main basse sur les marchés des études.

Le site fastcoexist titrait récemment : « Arrêtez de penser qu’Uber fait partie de l’économie de partage », avec comme sous-titre, «qu’est qui est partagé à part votre argent ?»

Il décrit le phénomène croissant de cette sharing economy qui s’éloigne de plus en plus de son concept originel de partage.

L’idée était belle, mais c’était sans compter les prédateurs qui, sans complexe, dévore des secteurs entiers de l’économie, s’exonérant de toute taxe et de toute contribution à la vie publique. Certes, on peut reprocher à certains «corporatismes» d’avoir trop longtemps protégé leurs «privilèges» (quand on pense qu’il est impossible d’héler un taxi dans la rue à Paris, «faites la queue comme tout le monde»), mais ces soi-disantes sociétés de l’économie de partage, plus elles progressent, plus elles lèvent des fonds et ne deviennent que des sociétés comme les autres, moins honnêtes encore.

Les critiques s’élèvent de toutes parts. Le Boncoin.fr, après eBay, pour ne citer qu’eux, tuent les agences immobilières, les brocanteurs, les associations caritatives, voire les pauvres vide-grenier et bien sûr toute la chaîne de l’économie solidaire. Tout est bon à vendre plutôt qu’à donner. Des exemplaires de Charlie Hebdo vendus 200 euros sur ces sites…

Uber et Airbnb en tête des critiques

Pour en revenir à cet article, il souligne les critiques faites à l’encontre d’Uber qui autorise n’importe quel conducteur peut travailler en temps «qu’amateur conducteur». J’ai fait moi-même une expérience, je vous recommande le site d’Uber, onglet https://partners.uber.com, j’ai reçu un mail de félicitations «Vous êtes inscrit sur le réseau de conducteurs particuliers uberPOP de Paris et sa région», me demandant néanmoins un casier judiciaire vierge, carte grise… J’ai reçu deux mails de relance en deux heures pour me demander de compléter mon dossier.

Certes, le consommateur va payer moins cher, mais l’auteur de l’article s’interroge : dans quelle mesure Uber participe-t-il à l’économie de partage ? L’image est belle avec une connotation «positive et progressive». De nombreuses entreprises vertueuses se sont engouffrées sur ce segment tellement anti-capitaliste. Sans aucune régulation.

Uber a plusieurs offres aux Etats-Unis. La première, Uber Black, est la plus légale, des taxis déclarés dotés d’applications qui leur permettent d’aller chercher leurs clients chez eux (une avancée basique qu’ont ratée les taxis parisiens). UberX ou UberPop (qui existent aussi en Europe) permet à n’importe quel conducteur de devenir taxi, très loin de l’économie de partage.

Même confusion pour Airbnb qui s’affiche comme l’un des leaders de l’économie de partage, encore qualifiée de «plate-forme communautaire». A l’origine, il s’agissait pour des particuliers de louer leur habitation provisoirement lorsqu’ils en étaient absents (des systèmes d’échanges gratuits existent depuis des années) ; maintenant certains en font un vrai business, louant leur maison à l’année, comme un hôtel, sans en payer les charges qui devraient leur incomber. Un vrai business.

Un sujet encore  abordé par Fastcoexist sur la stratégie de fidélisation des hôtes et des hôtes, liée à un système de récompenses, souvent dérisoires.

Manger plutôt que d’être mangés

Avec quelques années de décalage, les initiatives des marques et de leurs conseils n’ont pas tardé (cf.image). Le Crowd Companies Council américain a publié en mars 2014, un rapport mettant en exergue les avantages et les opportunités que pouvaient retirer les grandes sociétés en montant dans le «bandwagon».

Il cite des exemples. Celui, célèbre, de Pantagonia qui a créé une customer marketplace, encourageant leurs clients, en partenariat avec eBay, à vendre leurs vêtements déjà portés.

Les marques multiplient les plate-formes de co-création de produits ou de services. Les produits de grande consommation et les banques/assurances sont particulièrement actives dans ce domaine (cf. C’est pas mon idée !) Dans le domaine des services, l’enseigne Walgreens s’est associée à la plate-forme de services TaskRabbit  (qui existe aussi en France) pour livrer des médicaments aux malades. Les marques de voitures, comme BMW s’initient au covoiturage.

La Sncf, après des rumeurs de rachat de Blablacar (dénoncé pour ses tarifs et qui a noué un partenariat avec Total) propose iDvroom, clairement destiné à contrer cette même société, essentiellement sur la région Ile-de-France

La location, nouveau pas

«J’ai besoin d’un trou dans mon mur, pas d’une perceuse». Une phrase célèbre de la communauté La Ruche qui dit oui

Ce matin, business.lesechos.fr  publiait un article sur la manière dont certaines entreprises s’adaptaient à la location de produits plutôt que de leurs ventes, citant la Fnac, Seb, Samsung…  S’agissant de la Fnac, elle a proposé en mai 2014 sa première offre de location pour l’iPhone, suivis par des produits Samsung, Playstation…, les produits étant «remplacés» au fur et à mesure de leurs sorties. Dernier acteur, Seb, qui prévoit «un service de location de proximité», sans que l’on n’en sache plus.

Ou comment courir après le consommateur qui court plus vite que vous.