patchworkIl doit en exister des milliers d’exemples à travers le monde dans les pays démunis, mais je ne parlerai que de celles que je connais. Elle est située au Sénégal. En 1985, le village de Ndem, associé à une quinzaine d’autres hameaux, ont créé leur propre ONG Elle a développé des activités multiples (cuir, métallurgie, culture de coton bio, vannerie, teinture, couture…)

L’ONG a créé une marque «Maam Samba» qu’elle diffuse majoritairement dans des boutiques de commerce équitable. Les principaux produits commercialisés sont des vêtements, de la lingerie et des articles de décoration.

Leur création avait pour objectif de limiter l’exode rural, dans cette région très sèche du Sahel. Selon le journal au-sénégal.com, l’ONG s’était fixé trois objectifs, créer des activités qui puissent faire vivre les habitants, développer des infrastructures socio-sanitaires et enfin la gestion durables des ressources naturelles. Objectifs atteints. Une quinzaine de boutiques sénégalaises distribuent ces produits (en France, on les trouve dans le réseau Artisans du Monde).

Une telle réussite n’a pas manqué d’attirer les autorités sénégalaises, notamment la Sca (stratégie de croissance accélérée) qui a pour objectif le développement économique du Sénégal aux niveaux national et international. En clair, vouloir grossir à tout prix, en oubliant les objectifs purement locaux d’amélioration de la vie quotidienne. Cela me rappelle la création des coopératives agricoles françaises dont l’objectif premier était seulement d’assurer l’écoulement des productions agricoles. On sait ce qu’elles sont devenues pour les plus grosses d’entre elles, des multinationales, utilisant les mêmes tactiques que leurs concurrents, agriculture intensive, pour produire à tout prix, perdant de vue leur métier. Hormis les plus gros agriculteurs qui s’en réjouissent, les autres sont moins contents. Leur consolation : ils ont leur photo dans les pubs.

Initiatives individuelles

Mais, Dieu merci, il reste d’autres milliers d’initiatives, plus modestes, souvent individuelles. Toujours au Sénégal, citons celle de Rama Diaw, une jeune styliste talentueuse, qui a souhaité ne vendre ses vêtements que dans sa ville natale de Saint-Louis, même si elle réalise des défilés en Europe. Depuis quelques années, elle forme, un jour par semaine, les femmes d’un petit village situé à une quarantaine de kilomètres et qui font des merveilles à partir des chutes de tissu de son atelier, que Rama commercialise ensuite.

Rappelons enfin l’initiative d’un jeune Français au Pérou qui a collaboré à la création de la marque Petià, des produits fabriqués par des détenus d’une prison de Lima, une initiative fort bien décrite par Influencia il y a quelques mois.