COCA5Tempête cet été. On apprenait que Coca-Cola finançait universités et autres chercheurs. Hélas, ils ne sont pas les seuls.

J’évoquai l’information en mars dernier Il y a quelques jours le site Mediapost.com rapporte que Coca-Cola avait consacré119 millions de dollars aux financement des chercheurs depuis 2010.

Une volonté de transparence depuis la parution d’un article  du New York Times, qui avait fait l’effet d’une bombe. Il révélait que la firme avait financé chercheurs et universitaires pour justifier de son programme fitness mettant en exergue le seul exercice et non la réduction des calories.

En début de semaine, la firme a pris un certain nombre d’engagements pour une meilleure transparence via une lettre ouverte de son patron dans The Washington Post. Elle reconnaît avoir ainsi dépensé près de 119 millions de dollars, dont 22 millions donnés aux chercheurs et 118 millions dans des «well-being partnerships». Ces derniers sont des financements d’associations – au sens américain du terme – et autres lobbies comme la très puissante American Beverages Association.

Le site institutionnel du groupe diffusera les noms des experts (enfin, ceux qui l’acceptent) qui ont travaillé pour la firme, les groupes qui bénéficient de fonds. Ce site sera actualisé tous les six mois.

Financer des chercheurs, une pratique courante

Ne nous y trompons pas, Coca-Cola n’est que l’arbre qui cache la forêt de sondages et études financées par des entreprises et surtout des fédérations professionnelles sans que rarement le nom du bailleur n’apparaisse sauf s’il s’agit un outil de communication. Et ce deux côtés de l’Atlantique. Citons comme seul exemple en France une étude du Crédoc financée par le même Coca-Cola sur la déshydratation en 2008 (source Toxic Food de William Reymond, Ed. Flammarion).

Aux Etats-Unis, le site CPSI avait créé une base de données formidable: il suffisait de taper le nom d’un chercheur (américain ou étranger) ou d’une université pour avoir la liste des contributions qu’ils avaient perçues par telle ou telle société.

Le site Food Politics foodpolitics.com e Marion Nestle égrène depuis plusieurs semaines la liste des études dites scientifiques financées par de grosses sociétés et dont naturellement des résultats qui leur sont toujours très favorables.

Dommage que nous n’ayons pas de tels outils en France. Omerta.

Pour l’anecdote, j’intervenais un jour pour une fédération et prévoyais d’interviewer deux experts. Mon interlocutrice me répondit tout de go: «Pourquoi faire? On les paie!»