camion cocaLe fair washing est devenu un classique des multinationales, notamment dans les pays les plus pauvres, toujours salué par la presse […]

Un récent article de la lettre de l’Atelier, cellule de veille de BNP Paribas, qui publie des infos brutes, sans aucune réserve éthique, s’esbaudissait de l’action de Coca-Cola qui allait donner l’accès wifi à ces pauvres Africains grâce… à ses distributeurs de Coca-Cola.

La marque n’en est pas à ses premiers pas en Afrique, voulant renouveler ses performances en Amérique Centrale, et notamment au Mexique, le deuxième pays le plus gros cconsommateur de Coca-Cola, l’un des pays au top de l’obésité.

Pour compenser les pertes dans les pays occidentaux, attaquer les pays émergents

En 2010, selon Les Echos, annonçait que, face à la baisse de ses ventes dans les pays occidentaux, la multinationale allait investir plus de 12 milliards de dollars dans les dix anx à venir en Afrique, doublant ses investissements. Cette stratégie ne concerne pas seulement l’Afrique mais aussi des pays comme l’Inde (trois milliards de dollars d’investissements prévus, avec quelques soucis de gaspillage d’eau) ou la Chine mais, selon Business Week, Coca-Cola est mieux placée en Afrique que ses concurrents, dont Pepsi notamment. Ce continent  africain était considéré comme une enormous opportunity.

Les méthodes commerciales utilisées par le groupe sont communes aux autres multinationales de produits de grande consommation dans tous ces pays: des boutiques repeintes gratuitement, différents gadgets offerts, suggérant des menus qui intègrent naturellement du Coca-Cola, finançant les réfrigérateurs (aux couleurs de Coca-Cola naturellement) dont le contenu doit être rempli en permanence, selon un ordre bien défini entre Coca-Cola, Fanta, formats… l’utilisation des vendeurs de rues (non déclarés naturellement), comme le font leurs petits camarades, comme Orange ou Nescafé. Selon la stratégie de Coca-Cola depuis depuis des années, il s’agit de mettre le produit dans la main du consommateur, par tous les moyens possible, la moindre boutique ou le moindre feu rouge.  La cible : les jeunes naturellement.

Sans compter, selon Business Week,  les opérations de lobbying auprès des gouvernements, mettant en avant la création d’emplois liés à la création d’usines, de grossistes… Les portes s’ouvrent toutes grandes. Et la lecture de la presse africaine est un vrai régal.

Le caritatif comme cheval de Troie

Mais la cerise sur le gâteau de toutes ces marques sont les opérations dites caritatives, destinées naturellement à améliorer leur image. Leur meilleur cheval de Troie. La plus récente est celle de l’offre d’accès wifi gratuit lié à des distributeurs de cannettes pour aider ces pauvres gens.

Autre initiative, la création en 2013 d’Ekocenters destinées à fournir de l’eau, des accès Internet, des vaccins…. Selon le site gizmodo.fr , «Le président de Coca-Cola indique que chaque Ekocenter sera dirigé par une femme et qu’il espère que ces magasins seront au centre des communautés sans accès à l’électricité ou à l’eau ». Les Ekocenters seront construits à partir de conteneurs ‘dommage de ne pas utiliser les matériaux locaux, ndlr), chacun aura un système de purification de l’eau et des panneaux solaires. Le New York Times rapporte que la construction d’un Ekocenter coûte 100 000$, mais Coca-Cola espère faire chuter ce coût à 2 000$ en avec l’augmentation du volumed e de pièces construites… ou de vente de cannettes ? Curieux la couleur rouge et blanche de ces boutiques, non ? ekocenter

Le contenu quelques certains communiqués de presse comme celui-ci, ou celui-là, de la marque ne laisse aucun doute sur la nature totalement « désintéressée » de ces actions. Il me laisse quelque peu dubitative. Combien d’investissements prévus pour gagner le continent africain ?

L’OMS s’alerte sur cette volonté de conquête des pays en voie de développement, favorisant une transition nutritionnelle dont on connaît scientifiquement  les méfaits sur la progression de l’obésité. Mais rien n’y fait.

 RSE à géométrie variable

Rappelons que Coca-Cola est le troisième contributeur (derrière Nestlé et PepsiCo) parmi les marques de grande consommation pour la lutte contre le projet de loi anti-OGM  aux Etats-Unis au sein de la GMA, lobby des industriels agro-alimentaires selon un rapport de Commondreams.

Hier, Marion Nestle, spécialiste américaine en nutrition, sur son site http://www.foodpolitics.com/ rappelait le décalage entre les promesses des marques de boissons sucrées et la réalité. Les grandes marques (Coca-Cola, PepsiCo, DrPepper) s’engagent à réduire de 20% (à horizon 2025 ! pourquoi pas 2050) la quantité de calories contenues dans leurs produits. Elle précise que malgré des millions de dollars dépensés par ces marques et leur lobby pour financer des études pour démontrer l’innocence de ces produits, cette démarche démontre qu’il s’agit d’un aveu des effets néfastes de ces «bonbons liquides». Et les sodas light ne semblent pas changer grand-chose.

Mais les actionnaires veillent. Engraisser quelques milliards d’individus de plus, quelle importance?