20130904_114652_resizedAprès avoir totalement défiguré toutes les périphéries des villes, prenant soin de ne faire pousser aucun arbre pour que l’on voit mieux leurs «superbes magasins» et leurs beaux parkings. Après avoir négocié pied à pied un délai supplémentaire dans le cadre d’une loi en 2012 pour limiter les panneaux publicitaires à l’entrée des villes, dont les professionnels de l’affichage extérieur, dans Le Figaro, s’estimaient « satisfaits », (traduisez « On a gagné ! ») quand l’association Paysages de France évoquait un «détricotage du Grenelle de l’affichage». Comme si tout cela ne suffisait pas en matière de pollution visuelle, la grande distribution alimentaire, les GSS et les entreprises de commerce en général ont découvert un nouveau sésame : les voiles publicitaires, ces sortes de dazibaos placés sur le sol ou à plusieurs mètres de hauteur. Des dizaines de milliers de mâts publicitaires. McDo aura fait des émules. En quelques années, les oriflammes publicitaires (excusez du peu) n’ont pas seulement envahi les zones commerciales, mais toutes les villes, les villages, les plages… pas le moindre petit bistroquet du fin fond de la France qui ne soit épargné. Les marques alimentaires ont tôt fait de s’intéresser à cette nouvelle manne pour assurer leur présence, et de la façon la plus économique qui soit: marques de bière, de glaces, de soda, même dans les zones protégées de toute intrusion publicitaire, comme les parcs naturels. Mais que fait le gouvernement? Rien. Il n’y a rien à faire puisque ces panneaux sont situés dans l’enceinte des sociétés et il semble que les commerçants des centre-ville se soient appropriés les trottoirs. Et puis, comme d’habitude, il s’agit de «protéger des emplois» et  « la vie serait grise sans publicité »  comme le répètent à l’envi les acteurs.