Nutella Une vraie merveille ce site Nutella parlons-en. Rien ne manque : de très belles photos de nature avec moult vaches dans les prés, les mains calleuses d’un pauv’ paysan turc présentant les noisettes qu’il cultive ; les cases d’autres pauv’ paysans ivoiriens ou ghanéens qui, cette fois, récoltent le cacao. Pour l’huile de palme – curieusement pas de photo d’orang outang  – mais on débine ses petits camarades, le beurre et surtout les huiles hydrogénées. Curieusement, Ferrero utilise les mêmes arguments techniques que ces derniers opérateurs pour justifier de leur nécessité : onctuosité et stabilité ! et démontre la nocivité de ces huiles hydrogénées en se basant sur des recherches du Fonds français pour l’Alimentation et la Santé  financé par les industriels de l’agro-alimentaire dont on ne peut naturellement ne pas douter de sa totale objectivité tout comme celle du RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil), un groupe créé par les industriels et quelques ONG dont la mission est de développer des cultures durables des palmiers à huile (en France, les mêmes acteurs – dont Ferrero -viennent de créer un nouveau lobby). Le sucre représente 56,7% de la composition du bonbon produit, (bizarre, ce n’est pas précisé sur la page, un oubli j’imagine) «mais c’est du sucre français, Madame !», issu des meilleurs fermes betteravières françaises.Cerise sur le gâteau : pour la vanilline, une superbe photo de gousses de vanille, précisant en gras que la vanilline est un composant naturellement présent dans la vanille et en light que la vanilline utilisée est synthétique…

 Un marketing responsable. Ben voyons !

La marque revendique «Une incitation à une consommation raisonnable et maîtrisée, un marketing responsable et l’amélioration de l’information du consommateur» .Consommation «raisonnable», la marque est très attentive puisqu’elle recommande modestement 15g par tartine. Après information auprès du service consommateurs (quel dommage que cette information ne figure pas sur le site, un autre oubli sans doute) : 15g représente une « cuiller à café bombée », vous savez, celle que l’on lèche avant de refermer le pot quand on a fini de tartiner copieusement sa tranche de pain!  Consommation «maîtrisée». En 2013, Nutella a lancé de nouveaux formats dont un de 825g et un d’un kilo. En termes marketing, on appelle cela une stratégie du eat more, déjà largement adoptée par les fast-foods, les alcooliers et les vendeurs de soda (Coca-Cola en particulier) : plus le conditionnement est gros, plus on consomme de produit. En clair un pot de 825g sera mangé aussi rapidement qu’un pot de 700g. La marque avait, en 2012, un objectif de +15% de plus en volume. 15% de plus dans les ventres de nos enfants.  Enfin, Ferrero ne veut pas faire prendre des risques à ses clients : les quelques grammes de lecithine qui entrent dans la composition du produit sont garantis sans OGM. Ouf ! On ne sait jamais, cela pourrait empoisonner nos chers enfants bien plus que les 56% de sucre en poudre et les 20% d’huile de palme que contient la pâte à tartiner.

En tout cas, les journalistes qui ont fait le voyage paraissaient très heureux. Pas l’ombre d’une critique dans leurs papiers. J’espère qu’au retour par Rouen, ils auront apprécié le tout nouveau stade Kinderana à Rouen, créé sous la houlette bienveillante  de son ancienne maire, aujourd’hui ministre des Sports et de la Jeunesse…

Marketing responsable encore.