courrier Caisse d'EpargneAmusant. Plus les banques et assurances deviennent numériques, plus leurs pubs sentent la ferme et cette bonne odeur de foin. On a même les petits noiseaux

Il y a un an, dans Les Echos, Véronique Chocron publiait un article dont le titre était sans ambiguities : “L’inéluctable déclin des agences bancaires”. Elle reste cependant prudente, considérant que “les agences bancaires gardent des avantages concurrentiels”. Elle souligne le ralentissement des ouvertures en centre-ville.

En 2013, le Crédit Agricole annonçait dans Le Parisien la fermeture d’une cinquantaine d’agences dans l’Ile-de-France dans les deux ans à venir, soit, selon Les Echos, “une agence sur six”. Une paille ! Idem pour la Société Générale qui prévoit la fermeture d’une “trentaine d’agences par an jusqu’en 2017” et pour BNP Paribas, toujours selon cet article, 14 agences seront fermées et, au total une quarantaine sur la France. D’autres encore envisganet des fusions d’agences. Dans ce même article Les Caisses d’Epargne annnoncent une chute dela fréquneation de leurs agencies à horizon 2017. Bel alibi ces “prévisions”.

Surtout, ne rentrez pas chez nous !

La raison en est simple. Officiellement, les solutions online ont séduit leurs clients beaucoup plus vite que prévu. Des baisses de fréquentation considérables. On se demande bien pourquoi.

Pourtant le service rendu par les agences est impeccable. Les banques ont tout fait pour vous éviter de rentrer dans leurs agences.

  • Des heures d’ouverture en décalage total avec la vie active des salariés, comme l’ouverture uniquement le samedi matin
  • Un seul pauvre guichettier qui doit en outre répondre au telephone quand dix personnes attendent, un peu comme chez le boucher.
  • Une automatisation à outrance. A vous de remplir vos borderaux vous-même. Débrouillez-vous. Le pauvre guichetttier est en train de vendre du telephone ou de la télésurveillance à sa cliente (vieille de preference, plus crédule)
  • Vouloir retirer du liquide? Vous n’y pensez pas ! Cela va vous coûter de l’argent. Utilisez le DAB installé dehors.
  • Imaginez que le Crédit Agricole, rappelons qu’il a été fondé et financé par des paysans, ont maintenant droit, dans certaines régions désertées, à des “banktrucks”. Combien d’emplois créés?
  • Le top du top : le téléphone. Impossible de joindre votre agence en direct. Entre Dehli, Dakar et Chevreuse, pas facile. Au point qu’une banque en fait un avantage concurrentiel. On tombe des nues.
  • Résultat des courses : vous ne parlez plus qu’à un avatar sur le site de la banque, si tant est qu’il existe. Sinon, demm… vous, sans oublier vos multiples codes d’accès.

Des flagships et des doudous publicitaires

Reste la com’ qui va, sans aucune logique (mais c’est le rôle de la pub), va recoller ce puzzle dichotomique?A l’image des boutiques de mode, les banques ouvrent des magasins flagship à Paris. Les banques d’affaires en furent les insitgatrices, suivies par les banques classqiues, comme BNP Paribas. Figurez-vous que l’on vous offre un café et que vous pouvez lire les journaux gratos. Plein de papiers dans la presse..Le cocktail devait être trop bon. J’imagine que les clients de l’Ariège et du Lot en sont ravis. A l’évidence, le coeur de cible n’est pas le même.En mars 2015, Ipsos publiait son Observatoire Banque/Assurance consacré aux “évolutions des territoires d’expression pour 2015. Et, devinez quoi, la première tendance est la “confidence”. Selon Françoise Hernaez-Fourrrier, directrice du Planning Stratégique, Ipsos Connect : “Nous observons dans la communication des marques le fait de ré-humaniser les biens. Elles ne s’intéressent plus à leur seule valeur. patrimoniale mais aussi affective et sentimentale” (…) On note ainsi plus de familiarité dans les codes langagiers”. Mieux encore, “Ces marques poussent la métaphore de l’intimité et le ton de la confidence jusqu’à la parabole amoureuse ! Fortuneo l’avait initié dans son positionnement” « J’aime ma banque » repris fortement par des grands acteurs du marché tels que la Banque PostaleOutre ce registre relationnel, on a aussi cette idée de proximité renforcée. Petite réserve quand même: la persuasion reste assez limitée. L’agrément et l’intention de cette tendance sont dans la moyenne du secteur mais la capacité de ce discours à inciter décroche, dû essentiellement à des campagnes finalement peu concrètes sur les offres proposées”.

Des années que les entreprises n’ont toujours pas compris qu’il fallait une convergence entre communication institutionnelle, communication clients et stratégies points de vente. Est-ce une bonne idée de découper ses cibles en rondelles de saucissson à l’ère omnicanal ? Comment recoller les morceaux ?

L’économie collaborative : ne pas rater le manque à gagner

Divine surprise ! Savez-vous que nous sommes tous sociétaires, coopérateurs, voire clients ? Tous ces mots disparus pendant des années ressurgissent dans les pubs des organismes financiers qui avaient quelque peu oublié leurs missions initiales. Imaginons que c’est nous maintenant qui pouvons décider des investissements de « notre » banque. Belle promesse  d’une banque. « Mon banquier, c’est moi ».

Bon, il ne faut pas rêver non plus. Rappelons le texte figurant sur la page Facebook du Crédit Agricole :« Crédit Agricole, la banque qui agit avec moi, près de chez moi, pour faire vivre mes projets et dynamiser lʼactivité de ma région». Petite question : combien a perdu le Crédit Agricole  et ses actionnaires coopératifs) sur ses investissements spéculatifs sur la Grèce

Sans parler des investissements des banques dans des trucs par terribles dont les critères ISR sont parfois douteux, voire détournés, souvent dénoncés par les ONG.

Le crowdfunding ? Au début, de la rigolade pour ces géants (et cela le restera longtemps pour elles), Mais, tout  à coup, les voilà humanistes et veulent  reprendre pied sur ces start-ups qui ne demandent que cela. La bulle des années 2000?  En attendant, ces start-ups lèvent des fonds. « Gobés », « alibis » ou nouveaux dards de l’innovation des banques?