20131213_104320-1_resized_1Selon le sociologue Djiby Diakhaté, de l’université de Dakar, «lors de la colonisation, il y avait une volonté d’assimilation culturelle. Cette pratique assimilatrice faisait considérer la couleur de peau des blancs et des métisses comme un critère de beauté» (source Slate Afrique). Au point de parler de «drame sociétal» pour reprendre l’expression d’un autre sociologue… 

Khhaly Niang. Cette pratique de dépigmentation, (« xeesal » en wolof) est très courante. Selon l’Institut de santé et de développement sénégalais, 67% des femmes entre 15 et 55 ans utiliseraient des produits éclaircissants. Non seulement ces produits sont très dangereux pour la santé (le Net grouille de recettes de grand-mères à base d’eau de Javel) ; mais sont aussi très coûteux au regard du niveau de vie sénégalais, des Sénégalaises surtout. Il existe certes une liste de produits interdits (en France, une étude de l’AFSSAPS notait que 30 à 40% des produits  étudiés étaient nocifs (problèmes de peau, diabète, hypertension…), mais où en trouver cette  liste en Afrique où la moindre échoppe vend des produits cosmétiques ?

Plusieurs mouvements citoyens se sont créés pour lutter contre ces pratiques. La première Nuul Kukk, menée par des artistes et des sociologues, est née après une campagne de pub pour Khesss Petch, campagne «avant/après» jugée scandaleuse. Deuxième iniitative, «The Beautiful Branchés», menée par la styliste sénégalaise, Dior Lo, déjà active dans ce premier mouvement, qui prône une beauté noire naturelle, sur le thème Black is beautiful. Une campagne qui devait dépasser les frontières du seul Sénégal.

Malgré toutes ces alertes et grâce à un vide juridique, la vie publicitaire continue et les rues sénégalaises sont envahies par une nouvelle campagne qui parle d’elle-même  Une collective en quelque sorte.